

Tron Legacy : SF pour beaufs.![]() Tron Legachie ? éTron Légachier ? Tron leg à chier ? Entre ces différentes formulations mon coeur balance. Et pourtant, Dieu sait que j’avais de l’espoir en m’installant confortablement hier soir devant mon écran télé. Ah oui, je dois au moins avoir la franchise de le dire : j’ai un ami albanais qui m’a envoyé le dvdrip par la poste. Sus aux pirates !!! Je sais, je sais... Mais bon, plus un kopek en banque et neuf euros la place de ciné. Au reste, j’accepte les dons. Alors oui, je l’ai vu sur petit écran et oui je suis au courant, c’est un film à spectacle. Je te vois donc venir, toi le vindicatif, avec ta vanne toute pourrie : “tant qu’à faire, t’as qu’à regarder Avatar sur ton smartphone !” - soit dit en passant, vu la nullité du Cameron... Bref, je m’égare. J’avais de fait l’intention de vous dire que cette petite diatribe ne porterait pas sur l’esthétisme du film. Là dessus je n’ai en effet pas grand chose à dire, mis à part que si tu aimes les néons et le tunning, ce film est pour toi. Parce que bon, en plus d’avoir le sentiment de te trouver dans une discothèque perdue à pétaouchnoque, entouré de cindy-saunders-like aux dents jaunâtres illuminées par la lumière ultraviolette, tu as, en prime, droit à l’atroce bruit post eurodance des mongoliens casqués de Daft Punkt. Fans d’André Rieu et fans de Daft Punkt : même combat. Mais c’est un tout autre débat et il me faut revenir à notre Léga-chienlit - tiens, elle est pas mal celle-là. ![]() Tron Legacy, c’est l’histoire d’un geek génial des 90’s, interprêté par un Bridges rajeuni façon Michael Jackson, qui, un soir, au coin du lit, pour endormir son fils, lui raconte des trucs qui parlent d’une grille informatique qui serait un lieu de jonction entre un monde réel et un monde calculé par ordinateur. Par la suite, Bridges, les burnes moulées dans son Jean, s’en va sur sa monture mécanique pour ne jamais revenir. Ellipse temporelle. Le fiston a aujourd’hui une vingtaine d’années et s’en va piquer je ne sais pas quoi dans la super multinationale de feu son père. Poursuite, saut de l’ange du haut du building, atterrissage en parachute. Du grand n’importe quoi comme seul hollywood sait le faire. Et puis tout bascule dans la science fiction. Un mec avec la raie au milieu vient remettre au gosse la clé de l’ancienne salle d’arcade de son Steve-Jobs-Like de père. Petite virée en moto dans les rues sombres d’une ville en carton pâte embrumée, pour arriver à la fameuse Flynn’s arcade gaming house. Le gosse prend un air nostalgique - remarquez le jeu profond de Garrett Hedlund, probablement enseigné au Disney actor studio’s club - avant d’allumer une borne Tron. Oui, son père continuait à payer EDF prendant toutes ces années. Et là, boum! la borne se dérobe dans le mur, laissant le gamin face à un fucking passage secret! Mais c’est Indiana Jones ou quoi ce film ??? “Euh non, monsieur, nous n’avons pas d’indy en réserve, mais je peux vous servir du matrix si vous le désirez.” En effet, le gominé aux yeux grands écarquillés se trouve rapidement en face du joujou de papa. Non, je ne parle pas d’une poupée gonflable mais d’un super-ordinateur-mac-book-pro-mes-couilles-du-futur. Et quand tu cliques sur le mulot virtuel, tu as plein de trucs qui se passent et des fois c’est juste pas de chance. Et là c’est pas de chance pour le gominé, parce que tout d’un coup, sans qu’il puisse même avoir le temps de penser à changer de slip, il se retrouve propulsé dans la putain de matrice. Jeux du cirque incoming ! Tron Legacy, rencontre improbable de Matrix et Gladiator. Je passerai la débauche d’effets lumino-baveux pour en arriver au coeur du film : la rencontre père-fils tant attendue. Et là c’est le choc ! Car après avoir rencontré un double maléfique de son petit papa d’amour, le geek gominé se trouve enfin devant son vrai géniteur. Hélas, mille fois hélas, le père Bridges, sans doute suite à des longues années à porter son jean moule-burnes, a perdu en route ses bijoux de famille. De jeune informaticien couillu, le voilà devenu moine Zen en robe de chambre fluo. Et là, cher lecteur, ce qui s’est passé par la suite, je ne l’ai pas compris. Réminiscence New Age, retour d’acide, bad trip. Toute la famille se retrouve sur un train virtuel, à blablater pendant un quart d’heure interminablement long. Et vas-y que je te parle de création numérico- spontanée. Et vas-y que je te parle de Clu, Adoplhe Hitler numérique, et de la grande purge, Shoa numérique. De film de gladiateurs fluo, nous voilà donc passés à une critique new new age du totalitarisme ? A en croire la subtile référence au discours de Nuremberg qui s’en suivra, j’ai envie de dire qu’ils ont osé. Probablement effrayés par l’abyssale vacuité de cette chose cinématographique, les scénaristes ont eu l'impudence de nous peinturlurer tout ça d’une grossière couche de critique sociale. Sauf que ça ne prend pas avec moi, connards. Quant à la fin du film, je n’ai même plus la force d’en parler. Ah si, c’est du Disney donc ça finit bien. Voilà, je sens la retombée de mon ire. L’approche du point final à cette critique est signe de mon apaisement. Et comme à l’école des professeurs bien programmés m’ont enseigné qu’il fallait faire un petit résumé en conclusion d’une réflexion, je vais simplement dire que je me suis bien emmerdé pendant deux heures à regarder des phosphorescences sur ma télé. Heureusement que la mise en scène est venue sauver le film. Ah bah non, même pas, j’avais simplement envie de terminer sur une ultime plaisanterie. Aller, quand Tron légachie, il faut vite tirer la chasse. |
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